VENEZUELA

Publié le par segnou siéwé


CHAVEZ, le révolutionnaire



CHAVEZ, consulter le peuple d'abord


LA LEÇON DEMOCRATIQUE DE CHAVEZ

par Segnou Siéwé

Les vénézueliens ont approuvé la non limitation du mandat présidentiel lors du référendum de dimanche dernier. Ce que Chavez souhaitait tant pour pouvoir briguer un nouveau mandat en 2012.

 

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Ça y est ! Rien ne pourra plus empêcher Hugo Chavez de briguer un troisième mandat en 2012. Dimanche dernier, près de 6millions de vénézueliens ont dit « oui » à la levée de la limitation du mandat présidentiel. C’est donc 54,4 % des 17 millions d’électeur appelés à voter par référendum qui ont ainsi autorisé à Chavez de pouvoir se représenter à la prochaine échéance électorale présidentielle. Par contre, 45,6% d’électeurs ont voté « Non », soit une victoire de 9 points pour le « Oui ». Le nombre de mandat ne sera plus réduit à deux, mais sera sans limite. Ce qui fait la fierté de Chavez qui désir mener sa révolution socialiste jusqu’à son terme.

Une fois sa victoire proclamée par le conseil électoral, le héros de la révolution vénézuelienne s’est rendu au balcon du palais présidentiel de Miraflores, à Caracas, et a entonné l’hymne nationale avec plusieurs milliers de ses partisans face à lui. Dans son discours, il s’est exclamé : « Longue vie à la révolution ! ». "Si nous renforçons ce que nous avons déjà fait, alors, dès l'année prochaine, nous serons en bien meilleure position pour ouvrir de nouveaux horizons", a-t-il assuré. Du coup, les rues de Caracas ont été inondées de monde. Les chavistes n’ont pas caché leur joie. Des dizaines de feux d’artifice, des coups de klaxon, des détonations de pétards ont fait bouger la capitale.

L’opposition a reconnue sa défaite. Par la voix de l’opposant Leopoldo Lopez, elle a admis qu’"Aujourd'hui, Goliath a gagné". Fidel Castro, ancien président de Cuba et fidèle allié de Chavez, lui a adressé des félicitations pour cette sa victoire « incommensurable ».

Les défis

L'ancien parachutiste n'a cependant pas annoncé de nouvelles mesures, contrairement à son habitude lors de ses discours de victoire. Il a préféré promettre une lutte accrue contre la criminalité et la corruption, deux phénomènes qui ont entamé sa popularité, ainsi qu'un renforcement des réformes déjà lancées. Malgré cela, la victoire de Chavez lui augure plutôt des lendemains difficiles. Avec la chute du prix du baril de pétrole qui a fragilisé l’économie vénézuelienne, l’année 2009 ne fera pas de cadeau au pouvoir chaviste. Cette chute du baril survient en effet à un moment où "malgré l'euphorie ambiante, le projet révolutionnaire est en difficulté", affirme El Pais. "Premièrement, parce que la situation économique mondiale nécessite une politique plus austère (...) et parce que la population de base est inquiète face à l'apparition d'une nouvelle bourgeoisie issue du pouvoir bolivarien, les 'bolibourgeois'".

"Après cinq ans de bonne santé économique, la popularité de Chavez reste élevée, surtout chez les moins pauvres (...), mais la criminalité, l'inflation et le style politique provoquent le rejet de la moitié du pays", ajoute l'hebdomadaire brésilien Veja.  Or, comme le note l'International Herald Tribune, cette victoire relativement confortable "devrait encourager le gouvernement à faire face aux sérieux problèmes économiques causés par la chute du prix du pétrole". Il ajoute que d'autres dirigeants sud-américains dans la lignée de Chavez, notamment Daniel Ortega au Nicaragua, pourront profiter de l'événement.

Leçons de démocratie

Quoiqu’il advienne, ce référendum emporté par Chavez reste un exemple pour beaucoup de pays d’Afrique où généralement, les révisions constitutionnelles se font à huis clos, sans consultation populaire. Au pouvoir depuis dix ans, Chavez a récemment estimé avoir besoin d'au moins dix années supplémentaires pour achever la mise en place de sa révolution d'inspiration socialiste. Il faut d’ailleurs rappeler que ce n'était pas la première fois que Chavez tentait d'adapter les règles constitutionnelles à son désir d'avenir politique. En fin 2007, un précédent référendum avait abouti à une courte défaite.

Après avoir orchestré un coup d'Etat manqué en 1992 contre l'ancien président Carlos Andres Perez, condamné puis gracié, Chavez avait obtenu satisfaction en passant par les urnes six ans plus tard. Il a alors engagé une politique d'inspiration socialiste dans ce pays qui est l'un des pourvoyeurs de pétrole des Etats-Unis.

Nationalisant des pans entiers de l'économie, il s'est attaqué aux vieilles élites politiques, a développé l'habitude de prendre Washington à rebrousse-poil et consacré des milliards de pétrodollars au financement de projets sociaux.

Malgré ces efforts, il n'est pas parvenu à régler le problème d'une corruption chronique, non plus qu'à juguler une violence persistante dans le pays.

Par ailleurs, on sait que dans des pays d’Afrique comme le Cameroun et l’Algérie, les constitutions se modifient pour permettre aux chefs d’Etats de briguer de nouveaux mandats, sans passer par les voies référendaires généralement. En cela, Chavez ne serait-il pas un exemple pour ces pays ?

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