CHRONIQUE

Publié le par senou

ENJEUX AFRICAINS

 

Afrique du Sud VS France

 

Par SEGNOU Siéwé

 

Ça y est ! Cela ne semble faire l’ombre d’aucun doute : l’Afrique du Sud et la France seraient en conflit géostratégique sur le continent africain. Et l’enjeu de ce conflit serait bien évidemment les richesses du continent noir. L’Afrique du Sud, première puissance économique africaine, serait victime de la mégalomanie qui s’empare logiquement tout pays capitaliste lorsqu’il atteint un niveau de développement assez élevé : la volonté de puissance, l’affirmation de la suprématie et l’impérialisme. Marx ne disait-il pas déjà que la politique impérialiste est fille de la politique industrielle ?

Toutefois, à bien regarder, la politique étrangère sud-africaine ne serait pas une politique impérialiste, mais une politique anti impérialiste. Le pays de Nelson Mandela voudrait en effet libérer le continent africain du joug néocolonial des puissances occidentales dont la France est accusée d’en être le représentant sur le berceau de l’humanité. Le gouvernement Pretoria, principalement l’ANC, estime que seul l’Afrique du Sud est en mesure mettre fin à l’hégémonie française en Afrique. Ayant réussi à vaincre l’Apartheid, système politique institué par les Blancs en Afrique du Sud, le régime de Zuma voudrait poursuivre cette lutte en annihilant la suprématie blanche sur toute l’Afrique.

La France quand à elle voudrait maintenir et poursuivre sa domination sur le continent noir ; domination qui date déjà de plus d’un siècle. Les richesses du sol et du sous sol africain ne cessent d’aiguiser ses appétits, et ne cessent d’être découvertes. Cette politique est d’autant plus nécessaire pour la France que de nouveaux concurrents commencent à lui ravir la vedette : Chine, Etats-Unis, Turquie, etc.

Face à face

Ce conflit franco-sud-africain s’est déjà matérialisé dans des théâtres d’opération concrets. L’Afrique du Sud a clairement apporté son soutien à des régimes que Paris voulait renverser ou souhaitait voir disparaître. On l’a vu avec le soutien apporté par le gouvernement sud-africain, pendant un temps, aux régimes de Laurent Gbagbo et de Kadhafi au moment où la France s’activait politiquement, diplomatiquement et militairement pour que ces régimes tombent. Mais Pretoria n’était pas allé jusqu’à déployer des soldats dans ces pays pour un affrontement.

Cependant, dans le cas centrafricain, le régime de Zuma l’a fait en envoyant des centaines de soldats défendre le président François Bozizé que Paris ne voulait plus soutenir comme ce fut le cas en 2006. L’ex président centrafricain avait alors signé des accords militaires avec Pretoria afin de faire face aux éventuelles rebellions dont celle de la Séléka, déterminée à le renverser. La France de son côté avait aussi déployé des centaines de soldats à Bangui au cas où ... Mais ce théâtre d’opération a connu la défaite de l’Afrique du Sud avec la mort de 13 de ses soldats. Elle a été par conséquent contrainte d’évacuer ses troupes.

Néanmoins, Pretoria n’a pour autant pas baissé les bras et a promis d’envoyé des soldats dans la force internationale qui va être mobilisée en RDC pour combattre le M23. Et si le régime de Zuma poursuit dans cette logique militaire, c’est que, malgré les diatribes qu’il a essuyé de la part de l’opposition sud-africaine, il a reçu le soutien inconditionnel du plus puissant et du plus vieux parti politique africain, l’ANC. Jusqu’où iront Paris et  Pretoria dans ce face à face ?

 

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