CINQUANTENAIRE DU CAMEROUN

Publié le par segnou siéwé

Cinquantenaire du Cameroun : On attend les préparatifs…

par Segnou Siéwé

A quelque mois de la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Cameroun, les partis politiques les plus importants de la scène politique camerounaise n’ont pas encore statué sur ce qu’ils feront le premier janvier 2010.


 

Le premier janvier 2010, le Cameroun, aura cinquante ans d’indépendance. Ce grand évènement de l’histoire du Cameroun et de la vie politique camerounaise semble passé inaperçu. Pour savoir comment les partis politiques préparent cette commémoration, nous sommes allé à la rencontre de quelques partis politiques comptant parmi les plus importants de la scène politique camerounaise afin de nous informer sur ce que chacun d’eux fera ce grand jour.

Au Rdpc, parti au pouvoir, ce n’est pas encore la grande mobilisation, mais cet anniversaire n’est pas ignoré. « Notre parti n’est pas insensible à cet évènement », précise Thomas Tobbo Eyoum, coordonnateur du Rdpc dans le littoral. « Le parti se prépare au niveau central. Nous allons tenir des réunions à Yaoundé à ce sujet et tout sera fixé sur ce que le parti fera dans les régions et sur l’ensemble du territoire. Il s’agira donc d’un travail d’ensemble et non de l’agitation. A mon niveau, je n’ai pas encore reçu d’instruction de ma hiérarchie », ajoute-t-il.  A l’Upc dirigé par Samuel Mack-kit, la conception que l’on a du premier janvier est toute autre. On pense là-bas que c’est une erreur de croire qu’il faut fêter le cinquantième anniversaire de l’indépendance du Cameroun le premier janvier prochain. « En fait, il n’y a pas eu indépendance en 1960. En conséquence, le premier janvier est un jour banal. Au plus, c’est un jour de deuil national comme l’avait proclamé Félix Moumié. Car la spécificité de l’Upc c’est qu’il a toujours considéré l’indépendance du Cameroun comme n’étant pas réelle. Pour ce que nous comptons faire, le comité directeur n’a pas encore décidé. Mais la question sera discuté  lors de la prochaine réunion du comité directeur et on décidera de ce qui sera fait ce jour là », explique Kingue Etouké, membre du bureau du comité directeur. Mais quoi qu’il en soit, pour la célébration, ce que fera l’Upc Mack-kit ne sera probablement pas dans le sens d’une festivité, comme nous l’a dit Kombi Baya, son secrétaire à la coordination administrative. « L’Upc prendra des positions qui ne sont pas nécessairement dans l’esprit d’une festivité. Car comment célébrer une indépendance qui n’en est pas une ne réalité ? », conclue-t-il.

Le Manidem est pratiquement dans le même courant de pensée. « L’indépendance réelle du Cameroun reste à conquérir. C’est pourquoi la célébration consistera pour nous, dans l’esprit, à faire le procès du système néocolonial au Cameroun et à montrer au Camerounais l’alternative. Nous allons réfléchir à cet évènement de façon prospective car 2010 sera aussi une période électorale. Donc pour l’instant, nous n’avons pas encore véritablement statué sur ce que nous allons faire », déclare Banda Kani, secrétaire général du Manidem. A l’Upc tendance Kodock, la situation est la même. « C’est encore loin. Au moment venu, nous verrons ce que nous allons faire. Mais reste qu’il s’agit d’une fête de l’Upc. C’est nous qui avons revendiqué l’indépendance du Cameroun. Nous allons donc fêter la poitrine bombée pour montrer que c’est grâce à nous que l’indépendance a été acquise », affirme avec détermination Adolph Papy Ndoumbé, coordonnateur de l’Upc tendance Kodock dans le littoral.

Le cas du Ghana

Donc, l’approche de cet évènement grandiose, le Cameroun n’est même pas encore aux préparatifs. Et pourtant, on se souvient de la façon dont le cinquantième anniversaire de l’indépendance du Ghana s’est fêté en 2007. Un anniversaire célébré en grande pompe, avec la participation de plus d’une vingtaine de chefs d’Etat et de délégations. Pour la cérémonie, environ 9 milliards de FCFA, ont été décaissés et les festivités se sont déroulées pendant un an. Cela parce que l’évènement s’est préparé très longtemps à l’avance, plus d’un an au préalable.

Contrairement au Ghana, d’après une récente actualité, c’est l’Etat français qui sera chargé d’organiser le cinquantenaire de l’indépendance non seulement du Cameroun, mais aussi  de quatorze autres pays africains. Cette mission a été confiée en France à l’ancien ministre français de la justice, monsieur Toulon. Cela a été su lors de la récente visite de Paul Biya à Paris et suite à l’audience qu’i a accordé à Monsieur Toulon. C’est dire qu’à Paris on se prépare déjà. Mais comment la célébration de l’indépendance d’un Etat peut-elle être organisée par un autre Etat ? « Il faut dénoncer ici ce que fait la France. Elle a détruit par le feu le mouvement nationaliste au Cameroun et elle prétend aujourd’hui organiser le cinquantenaire du Cameroun. Malheureusement, elle est soutenue par son allié Paul Biya. Ça prouve que ce dernier admet que le Cameroun reste sous contrôle français », estime Banda Kani du Manidem. Alors le Cameroun est-il réellement indépendant ?

 

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