CRISE IVOIRIENNE

Publié le par senou

 

Le Droit du plus Fort …

Par SEGNOU Siéwé

Qu’est ce qui fonde le Droit, la légalité ou la force ? Pour Nicolas Sarkozy, et l’ONU, c’est la force. La dernière actualité sur la crise ivoirienne le confirme. En effet, dans un conflit entre les rebelles et l’armée régulière pour le contrôle d’Abidjan, la France et l’ONUCI, forces censées être impartiales, sont intervenus directement, dans les nuits du 4 au 5 et du 7 au 8 avril 2011, en détruisant tout l’armement de la Côte d’Ivoire et pis, en tirant sur le palais présidentiel et la résidence de Laurent Gbagbo ainsi que sur la radio et télévision nationale de la Côte d’Ivoire. Ce faisant, la France et l’ONUCI ont montré aux yeux du monde leur parti-pris dans ce conflit ivoirien pour la rébellion et contre Laurent Gbagbo et les institutions ivoiriennes. Ce que, depuis 2002, le camp Gbagbo a toujours dénoncé sans être écouté.

Toutefois, la France dit, officiellement, être intervenu pour prêter main forte à l’ONUCI suite à la demande du Secrétaire Général de l’ONU, Ban-Ki Moon, dans le but détruire les armes lourdes utilisées contre les populations civiles. Or le force licorne était censée être une force d’interposition entre la rébellion et l’armée régulière. Mais elle a laissé les rebelles traverser la zone d’interposition pour se lancer à l’assaut d’Abidjan. De plus, elle ne s’est pas attaquée aux armes lourdes des rebelles. D’autre part, l’intervention des armées françaises et onusiennes ne repose sur aucune résolution de l’ONU, sauf sur un arrangement entre Ban-Ki Moon et Nicolas Sarkozy qui, depuis, n’ont pas cessé de montrer ouvertement leur hostilité à Laurent Gbagbo. Voyant que les rebelles ne peuvent prendre Abidjan par eux-mêmes, la France et l’ONUCI sont intervenues, de façon illégale, pour faire le boulot à leur place.

Cette intervention de la France et de l’ONUCI sera lourde de conséquence car elle va accentuer le sentiment anti-français en Côte d’Ivoire et en Afrique en général, et conforter l’idée selon laquelle l’ONU est le bras armé de l’impérialisme occidental dans le monde. Or une solution autre que celle de la force a été proposée depuis décembre 2010 par Laurent Gbagbo, à savoir le recomptage des voix pour savoir qui a effectivement gagné ces élections. Pourquoi ne pas explorer cette voie puisque Laurent Gbagbo dit que s’il est prouvé qu’il a effectivement perdu les élections, il quitterait le pouvoir immédiatement ?

Tant que la France voudra intervenir dans les crises africaines en imposant sa volonté par la force, ces crises perdureront. Rien ne prouve que le retour de la paix en Côte d’Ivoire soit conditionné par le départ de Laurent Gbagbo. La paix ne viendra que si l’on sait qui a effectivement gagné ces élections, et non suite à la force. Car un Droit qui se fonde sur la Force n’est jamais durable ; il vaut mieux dialoguer, toujours dialoguer.                  

 

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