INTERNATIONAL

Publié le par senou

La démocratie comme alibi

Par SEGNOU Siéwé

 

Nous vivons dans un monde fondamentalement injuste et cruel ! Un petit groupe de pays, caché sous le nom de « communauté internationale », a décidé de prendre en otage le destin de l’humanité. Au nom de la démocratie, ces pays (Etats-Unis, Angleterre et France) sont entrées dans une campagne de déstabilisation des régimes qu’ils jugent ne pas être des démocraties. Ainsi, sur le continent noir, Laurent Gbagbo a été illégalement éjecté du pouvoir en Côte d’Ivoire et Mouammar Kadhafi, en Libye, a été lâchement assassiné après l’attaque de la plus grande armée du monde contre son pays.

Discours prononcé à l'issue de la réunion consacrée à la Libye, à New York

|Le 20 septembre dernier à New York, Nicolas Sarkozy signifiait clairement au monde cette nouvelle politique de chasse aux « dictateurs » : « Que tous les dictateurs du monde sachent que désormais la communauté internationale n'est pas condamnée qu'à des discours, elle est condamnée à l'action et, s'il le faut, les armes à la main au service de la démocratie. » Mais quelle est cette démocratie que l’on impose par la force ? Partout où des régimes ont été renversés sous le prétexte de la démocratie, le résultat n’a été que le chao et la vengeance. En Côte d’Ivoire, les partisans de Laurent Gbagbo sont traqués et tués ; en Libye, les fidèles de Mouammar Kadhafi sont victimes des cruels sévices ; et la « communauté internationale » ne fait rien. Où est donc la démocratie promise ? 

Personne n’est dupe ! Il faut dire en effet que derrière ce voile de démocratie, se cachent des intérêts économiques et pétroliers. En réalité, il s’agit de chasser les dirigeants qui, comme Kadhafi, refusent de se soumettre aux volontés et intérêts de l’Occident. D’ailleurs, tous ces « dictateurs » aujourd’hui vilipendés ont été, pour l’essentiel, soutenus pendant longtemps par ces mêmes grandes puissances.

La réalité est que l’Occident vit depuis quelques années une crise économique qui l’a endetté. Il lui faut trouver de quoi remplir ses caisses. C’est ainsi qu’il va à la conquête du monde en brandissant un alibi : la démocratie. Pour justifier la traite négrière, la « supériorité ontologique » de la race blanche sur la race noire avait été brandie ; pour justifier la colonisation, la civilisation des peuples « primitifs » avait été brandie ; pour justifier le néocolonialisme, la coopération a été brandie ; et aujourd’hui, pour justifier la reconquête des richesses du monde, la démocratie est brandie.

Ainsi, on trompe les peuples en leur faisant croire que leurs problèmes de chômage et de pauvreté proviennent des dictatures qui les gouvernent. A supposer que ce soit vrai, comment explique qu’aux Etats-Unis, en Angleterre, en Grèce, et en Italie,… les populations se soulèvent pour revendiquer le travail et la nutrition ? Pourquoi ces pays qui sont présentés comme des grandes démocraties vivent-ils des crises socio-économiques ? La Chine qui est aujourd’hui la deuxième puissance du monde a-t-elle eu besoin de démocratie pour progresser ?

Le réel problème de l’humanité aujourd’hui n’est pas fondamentalement la dictature, mais le capitalisme qui est un système qui engendre partout la pauvreté, les inégalités et les guerres, et qui a atteint son stade de décadence. D’ailleurs, aux Etats-Unis, fief du capitalisme, les populations manifestent depuis le 17 septembre contre ce système inhumain qui place l’argent avant l’Homme. 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article