Massacres coloniaux

Publié le par senou

La France n’a pas reconnu la guerre qu’elle a menée au Cameroun

Lors de sa visite au Cameroun, le président français François Hollande s’est prononcé sur la guerre d’indépendance camerounaise. Beaucoup de gens ont vu dans ses dires une reconnaissance des atrocités commises par l’armée française dans notre pays durant cette guerre. Ce qui n’était pas réellement le cas.

Ce mois de juillet qui vient de s’achever a été particulièrement riche sur le plan diplomatique pour le Cameroun. Notre pays a en effet connu deux visites officielles de chefs d’État, à savoir celle du président français François Hollande en début du mois (le 3 juillet) et celle du président nigérian Muhammadu Buhari en fin du mois (les 29 et 30 juillet). Toutes ces deux visites avaient entre autres pour objet de discussion la lutte contre la secte islamiste et terroriste Boko Haram. Toutefois, la visite qui requiert notre attention dans la présente réflexion est celle de François Hollande. La raison est que, lors de cette visite éclair effectuée près de 16 ans après celle de Jacques Chirac, un thème crucial dans les relations Cameroun-France a été abordé. Il s’agit, comme tout le monde le sait, de la question des massacres perpétrés par l’armée française lors de la guerre d’indépendance que la France avait imposée au Cameroun.

Ces massacres et même cette guerre, on le sait, ont depuis toujours été niés par les autorités françaises. À titre illustratif, cette négation avait été officiellement réitérée en mai 2009 lors de la visite au Cameroun du Premier ministre français de l’époque, François Fillon. Il affirmait alors ceci : « Je dénie absolument que des forces françaises aient participé en quoi que ce soit à des assassinats au Cameroun. Tout cela c’est de la pure invention. » C’est ainsi que, lors de la visite de François Hollande, la même préoccupation lui a été posé afin de savoir si la position de la France a évolué sur la question et si l’on pouvait s’attendre à une reconnaissance officielle de la responsabilité de la France dans cette guerre et ces massacres. Et, apparemment, ça a été le cas, puisque le président français a répondu en affirmant ceci : « C’est vrai qu’il y a eu des épisodes extrêmement tourmentés et tragiques même. Puisqu’après l’indépendance, il y a eu une répression en Sanaga-Maritime, au pays Bamiléké, et nous sommes, comme je l’ai fait partout, ouverts pour que les livres d’histoire puissent être ouverts, les archives aussi. »

À l’écoute de ces propos, tous les médias du Cameroun ayant traité de cette actualité ont soutenu que la France a enfin reconnu la guerre et les massacres commis par son armée durant les luttes nationalistes et indépendantistes menées par l’UPC dans notre pays. Aussi, de grands médias internationaux comme RFI sont également allés dans le même sens. En outre, presque toute l’opinion publique camerounaise a abouti à la même conclusion. Plus grave encore, selon un article du quotidien Le Messager de la semaine dernière, certains militants de l’UPC sont même allés jusqu’à déclarer qu’ils vont exiger des réparations. Enfin, même de grands intellectuels camerounais ont vu en ces propos de Hollande une reconnaissance. Mais la question qui nous trouble l’esprit et qui aurait dû également troubler l’esprit de ces médias, de l’opinion publique, de ces Upécistes et de ces intellectuels est la suivante : la déclaration de François Hollande au sujet de la guerre menée par l’armée française au Cameroun était-elle réellement une reconnaissance au sens propre du terme ? La réponse est bien évidemment non.

Fausse reconnaissance

Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à revenir sur les propos du président français pour les analyser en détail, puisque comme le dit l’adage, « le diable se cache dans les détails ». Voici donc une fois de plus ce qu’a dit Hollande : « C’est vrai qu’il y a eu des épisodes extrêmement tourmentés et tragiques même. Puisqu’après l’indépendance, il y a eu une répression en Sanaga-Maritime, au pays Bamiléké, et nous sommes, comme je l’ai fait partout, ouverts pour que les livres d’histoire puissent être ouverts, les archives aussi. » En gros, il y a dans cette déclaration une subtile exonération de la responsabilité de la France dans la guerre du Cameroun, comme l’avait fait François Fillon en 2009. Cela parce que, le président français a certes dit qu’il y a eu « une répression » en Sanaga-Maritime et en pays Bamiléké. Mais la question est : qui a commis cette répression ? La déclaration ci-dessus citée ne laisse pas voir de réponse à cette question cruciale. Aussi, elle ne laisse pas voir de réponse à la question suivante : contre qui a été orchestrée cette répression ? Malheureusement, dans certains journaux, les propos de Hollande ont été déformés et on y a ajouté : « Des militants indépendantistes ont été réprimés par les forces françaises… » Ce qu’il n’a jamais dit, du moins selon les sources officielles. Alors, est-ce de la manipulation ou un canular ?

D’autre part, les propos du chef de l’État français déclinent également la responsabilité de la France dans les atrocités de la guerre du Cameroun en ce sens qu’ils indiquent que cette « répression » a eu lieu « après l’indépendance ». Or, on sait aujourd’hui que l’armée française a débuté la répression au Cameroun dès 1955 en massacrant les manifestants dès le mois de mai de cette année-là ; ce qui allait obliger l’UPC à déclencher une insurrection armée. Elle a poursuivi cette répression jusqu’en 1960. Et même après l’indépendance, l’armée française est restée au Cameroun, selon certaines sources, jusqu’en 1964 pour continuer le carnage contre les indépendantistes camerounais. C’est par la suite qu’elle a été succédée par l’armée camerounaise naissante qui continuera le « sale boulot » jusqu’en janvier 1971 où a été exécuté publiquement à Bafoussam le dernier grand leader de l’UPC, Ernest Ouandié. Donc, la guerre d’indépendance au Cameroun a duré au total 16 ans (1955-1971). C’est dire que ce n’est pas seulement après l’indépendance qu’il y a eu la répression au Cameroun, mais même avant.

En soutenant qu’elle a eu lieu après l’indépendance, on pourrait voir là une volonté du président français de montrer que les atrocités n’ont pas eu lieu durant la présence coloniale française au Cameroun ; puisqu’officiellement, après l’indépendance, ce n’était plus la France qui était censée administrer notre pays, mais le Cameroun lui-même. Ainsi, François Hollande soutiendrait subtilement, par ces propos, que c’est l’État du Cameroun qui aurait réprimé en Sanaga-Maritime et en pays Bamiléké. Et, étant donné les relations relativement tendues qui existent entre Paris et Yaoundé depuis quelque temps, on peut comprendre le pourquoi d’un rejet de la responsabilité des assassinats sur les autorités camerounaises.

De plus, les propos de François Hollande sont tellement prudents que le mot guerre n’y apparait pas. Ils parlent simplement de « répression ». Pourtant, on sait que la répression se distingue de la guerre. La répression est simplement le fait pour les forces de l’ordre d’empêcher, par la coercition, le développement au sein de la société d’un mouvement idéologique, politique, social ou religieux jugé subversif. À cet effet, la répression met en présence deux acteurs, à savoir l’un qui est armé (les forces de l’ordre) et l’autre qui est sans armes (les manifestants). Quant à la guerre, elle oppose deux belligérants armés. Donc, au Cameroun, il y a certes eu une répression, mais elle s’est mutée en une guerre opposant, pendant un temps (1955-1964), les guérilleros de l’ALNK (Armée de libération nationale du Kamerun), branche armée de l’UPC, à l’armée française ; puis à l’armée camerounaise (1964-1971).

De plus, la déclaration du chef de l’état français montre que la « répression » dont il est question a eu lieu en Sanaga-Maritime et en pays Bamiléké. Toutefois, on sait que ce n’est pas seulement dans ces lieux situés respectivement dans les régions du Littoral et de l’Ouest qu’ont été menées la barbarie et la sauvagerie de la répression anti-indépendantiste. Les régions du Centre, du Sud, de l’Est… l’ont connues. C’est vrai que c’est principalement à ces deux endroits qu’elles ont été les plus féroces, mais dans les propos du numéro 1 français, il n’y a pas cette précision.

Enfin, la déclaration de Hollande sur la guerre du Cameroun est intervenue à la suite de la question d’un journaliste, Sévérin Tchounkeu. Donc, si cette question n’avait pas été posée, le président français serait rentré à Paris sans avoir rien dit sur le problème des massacres de l’armée française au Cameroun. Autrement dit, il n’avait pas prévu, en venant, au Cameroun, de parler de ce sujet, c’est-à-dire de faire une reconnaissance.

Un petit pas vers une vraie reconnaissance

C’est dire donc que les propos de François Hollande ne diffèrent presque en rien de ceux de François Fillon tenus sept ans plus tôt. Ainsi, tous ceux qui ont soutenu que la France a enfin reconnu la guerre commise au Cameroun par ses armées se sont trompés ou alors ont fait une conclusion hâtive parce qu’ils voulaient entendre ce qu’ils voulaient entendre et non ce que le président français a vraiment dit. Mais est-ce à dire que les propos du numéro 1 français n’ont été d’aucune utilité ? Bien entendu que non ! En effet, si la déclaration de François Hollande ne peut être considérée comme une réelle reconnaissance des crimes de guerre de la France au Cameroun, elle permet néanmoins de comprendre qu’il y a eu un léger changement dans la position officielle de Paris au sujet de la guerre d’indépendance du Cameroun. Pour cause, jusqu’avant le 3 juillet 2015, la position officielle de la France était qu’il ne s‘est rien passé au Cameroun durant les revendications indépendantistes. En d’autres termes, que le processus de décolonisation du Cameroun a été pacifique comme dans les autres colonies d’Afrique noire du sillage français. Ainsi, aujourd’hui, on sait désormais que, selon la France, il y a eu des faits « extrêmement tourmentés et tragiques même » au cours des luttes anticoloniales au Cameroun. De plus, on sait que ces faits sont, toujours selon la position officielle de la France, la conséquence d’une « répression ». Mais, par qui cette répression a-t-elle été menée ? Contre qui ? Là, le gouvernement français ne s’est pas encore prononcé. Il aurait fallu que les journalistes présents à la conférence du 3 juillet à Yaoundé demandent ces détails à l’hôte de Paul Biya en rebondissant sur sa réponse. En outre, on sait également que, officiellement, la France est prête à ouvrir au public des documents restés jusque-là classés secret-défense.

Par ailleurs, si donc les allégations de François Hollande ne peuvent être considérées comme une reconnaissance de l’intervention militaire française au Cameroun, qu’aurait fait le chef de l’État français pour que l’on puisse dire qu’il y a eu une reconnaissance ? La reconnaissance des atrocités commises contre un peuple durant son histoire par un autre peuple est une affaire très sérieuse pour être traitée à la légère et au passage comme cela a été le cas le 3 juillet dernier. Elle est le produit d’une grande bataille scientifique, juridique, diplomatique, culturel… que le peuple victime doit mener contre la puissance coupable de crimes coloniaux. Ainsi, pour que la France puisse reconnaitre les actes de boucherie, de sauvagerie et de barbarie commis au Cameroun contre des centaines de milliers de Camerounais, c’est d’abord l’État du Cameroun qui doit prendre la peine de demander des comptes à l’État de France, de la contraindre à la reconnaissance, principalement à la suite des travaux scientifiques ressortant les preuves. Cette affaire n’est pas uniquement l’affaire de simples journalistes posant des questions à un chef d’État, mais une affaire d’État à État. L’histoire montre en effet qu’aucune puissance coloniale n’a jamais admis ses crimes coloniaux par elle-même, c’est-à-dire sans qu’une pression et une contrainte implacables ne soient exercées contre elle par les États victimes de ces crimes. Cela dit, l’État du Cameroun pourrait-il un jour demander et obtenir des comptes à la France quand on sait que lui-même a participé à la répression et à la guerre anti-UPC ? Le problème de cette guerre parait donc plus complexe que l’on ne le pense. Et il semblerait que ce problème ne soit même pas encore à l’ordre du jour dans les hautes sphères du pouvoir à Yaoundé puisque l’histoire du Cameroun semble n’être d’aucun intérêt pour la classe dirigeante camerounaise ; laquelle n’aurait pas conscience ou ne voudrait pas prendre conscience de l’importance de l’Histoire dans la construction de l’identité d’un peuple, ou alors en a conscience, mais refuse délibérément de mettre en valeur cette importance de l’Histoire, principalement de l’histoire nationaliste du Cameroun. On se souvient en fait que, l’année dernière, le chef de l’État avait fait, dans une allocution, une similitude entre Boko Haram et les combattants de l’UPC qui avaient été réprimés et vaincus par le gouvernement. Ce qui a troublé l’opinion publique camerounaise. Il aurait donc fallu que les journalistes présents à la conférence profitent de l’occasion pour demander au président camerounais si ce que François Hollande a dit pouvait infléchir la politique étatique du Cameroun sur la question de la guerre d’indépendance. Quoi qu’il en soit, il n’y a rien à attendre de la France comme véritable reconnaissance tant que les autorités camerounaises ne prendront pas au sérieux le projet de restitution de la vérité historique au sujet de la guerre de décolonisation du Cameroun et celui de l’établissement des responsabilités comme elles le font lorsqu’elles veulent contraindre la France à faire d’autres choses pour le Cameroun sur les plans économique, commercial et social. Cela dit, une reconnaissance française ne sera possible que lorsque viendra à la tête du Cameroun un régime qui ne sera pas l’héritier des deux régimes précédents ; lesquels ont été eux aussi des héritiers du régime colonial français.

Ce qu’est une véritable reconnaissance

D’autre part, si la France voulait admettre les atrocités perpétrées par ses armées au Cameroun, le président français l’aurait fait dans la déclaration qui a précédé la phase des questions réponses de la conférence de presse des deux chefs d’État. Or, cette déclaration a été centrée principalement sur la lutte contre Boko Haram et les stratégies économiques de la France au Cameroun. Au sujet de l’histoire, Hollande a simplement reconnu que les liens qui unissent le Cameroun à la France « peuvent être douloureux ». Ce qui ne signifierait rien à cause du mot « peuvent ». La vraie reconnaissance de cette guerre devrait se faire à travers un discours prononcé par un chef d’État français et portant uniquement sur cette question. Ce discours doit dire pourquoi la France a fait la guerre aux Camerounais, comment elle l’a fait, combien de morts elle a causés et, bien évidemment, demander pardon au peuple camerounais. Cela va sans dire qu’il ne s’agira pas d’un discours ou d’une réaction spontanée à une question, mais d’un discours préparé avec l’autorisation et l’exigence du Parlement français. Ce qui n’a pas été le cas lors de la déclaration du 3 juillet dernier. Aussi, dans sa réponse à la question du journaliste sur la guerre d’indépendance, Hollande devait, dans la perspective d’un aveu, dire par exemple ceci : « C’est vrai qu’il y a eu des épisodes extrêmement tourmentés et tragiques même. Puisque avant et après l’indépendance du Cameroun, il y a eu une répression et une guerre menées par l’armée française en Sanaga-Maritime, au pays Bamiléké contre des Upécistes, et nous sommes, comme je l’ai fait partout, ouverts pour que les livres d’histoire puissent être ouverts, les archives aussi. » Voilà ce qui pouvait être considéré comme une reconnaissance de la guerre et des atrocités de l’armée française au Cameroun si le président français avait dit cela.

Si donc la France à ce jour n’a toujours pas véritablement admis ces atrocités, quelles peuvent être les raisons ? En fait, la raison principale est liée à l’extrême gravité de ce que cette armée a commis au Cameroun qui n’était pourtant pas officiellement une colonie de la France, et qui, plus grave encore, a vu la présence sur son territoire, jusqu’à quatre ans après l’indépendance, l’intervention de l’armée française. En effet, il s’est passé des choses extraordinaires et inimaginables de la part d’une grande puissance dite civilisatrice comme la France, durant le conflit anticolonialiste au Cameroun : torture, lavage de cerveau, bombardement, regroupement forcé des populations, guerre psychologique, massacres, exécutions sommaires, charniers, décapitation, emprisonnements arbitraires, délation, viol, mutilations… Certaines sources parlent même de génocide et de l’usage du Napalm contre les populations. Bref, la France était déterminée, avec la complicité de l’ONU et des États-Unis, à maintenir par tous les moyens le Cameroun sous son contrôle ; et donc, sous celui du bloc de l’ouest dans la guerre froide qui sévissait à l’époque. La seconde raison est que c’étaient des Noirs qui étaient assassinés. Et comme on le sait, quand il s’agit de Noirs tués, cela ne pose aucun problème dans l’idéologie et dans l’imaginaire coloniaux et néocoloniaux de l’Occident. On voit donc qu’il ne sera pas facile pour la France d’avouer intégralement de telles épouvantables cruautés venant d’elle, et commises avec une extrême férocité ; lesquelles impliqueront logiquement le paiement d’énormes réparations, et terniront aussi son image de terre des droits de l’Homme. Elle ne le fera que si le Cameroun la contraint en créant un rapport de force qui ne lui donnera pas autre choix.

Il faut dire que, pour la guerre d’Algérie, il a fallu attendre 37 ans après ladite guerre pour que la France reconnaisse que cette guerre était effectivement une guerre. Car, avant, elle ne parlait que des « évènements d’Algérie ». Pourtant, cette guerre était, contrairement à celle du Cameroun, largement diffusée dans les journaux et les ouvrages de l’époque. On peut dire que, pour le cas du Cameroun, la France est déjà seulement arrivée à l’étape de la reconnaissance de l’existence des « évènements du Cameroun » et qu’elle est disposée à ouvrir ce champ à la recherche. Après, il faudra qu’elle avoue que c’est elle qui était l’auteur principal de ces « évènements » et que c’est contre les indépendantistes de l’UPC qu’elle les menait. Enfin, elle devra reconnaitre que ces évènements étaient bien une guerre, c’est-à-dire qu’elle est entrée en guerre contre le Cameroun. On voit donc qu’il y a encore du chemin à parcourir avant d’avoir de la part de la France une véritable reconnaissance officielle de ce contentieux historique. Ce à quoi on a assisté le 3 juillet dernier n’était qu’une vaste manipulation mentale savamment orchestrée, s’inscrivant dans les mécanismes de la violence symbolique. On peut même se demander si cela n’avait pas été prémédité tel un complot.

Les raisons d’une reconnaissance factice

Mais si la France n’est pas encore disposée à reconnaitre la guerre qu’elle a menée au Cameroun, pourquoi a-t-elle voulu faire ce petit pas vers la reconnaissance véritable ? C’est que, la France a compris que son image est très ternie au Cameroun principalement à cause de cette guerre dont elle refusait d’admettre l’existence. Il y a en effet au Cameroun un sentiment antifrançais assez poussé ; lequel influence négativement sur son emprise économique et culturelle à travers le pays, au profit de la Chine et d’autres grandes puissances. Elle a dû le remarquer à travers la chaine de télévision internationale Afrique Média qui fait passer sur ses antennes des personnages qui vocifèrent des diatribes à l’égard de la politique française vis-à-vis du Cameroun en particulier, et de l’Afrique en général. Il faut dire aussi que bien de Camerounais l’accusent de soutenir discrètement le terrorisme bokoharamien et de vouloir déstabiliser le Cameroun comme elle l’a fait durant la guerre d’indépendance. On peut aussi citer le cas de l’ambassadrice de la France au Cameroun, Christine Robichon, qui a été rabrouée et humiliée le 28 février dernier alors qu’elle cherchait à participer à une manifestation anti-Boko Haram organisée par des Camerounais à Yaoundé. Bien longtemps avant, en avril 2011, le Consulat de France à Douala avait été envahi et assiégé par de nombreux moto-taximen qui venaient exprimer leur colère suite au renversement de l’ex président ivoirien Laurent Gbagbo ; lequel renversement aurait été, selon eux, le produit d’une conspiration française. Tous ces faits auraient donc poussé la France à chercher un moyen pour atténuer le sentiment anti-français en faisant non pas une véritable reconnaissance, mais une pseudo reconnaissance pour berner l’opinion publique et gagner sa confiance ; un peu comme les indépendances fictives qu’elle avait accordées à ses colonies africaines dans les années 1960. Et elle est parvenue à son but puisque tout le monde a admis que la France a reconnu la guerre et les atrocités perpétrées par son armée au Cameroun, ce qui n’a véritablement pas été le cas.

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